Siby

♦ Siby, porte du Mandé.

 

Le Mandé a été un des premiers États d’Afrique de l’ouest. Ce pays était réputé pour le grand nombre d’animaux et de gibier qu’il abritait, ainsi que sa végétation dense. Un territoire de chasse très prisé.
Les Camara, sont considérés comme la famille la plus ancienne à avoir habité le Mandé. Ils fondèrent le premier village du Mandé, Kirikoroni, puis Kirina, Sibi, Kita.

Siby est à la fois le nom de la Commune rurale de Siby et celui d’un village qui en est le centre administratif. La commune s’étend sur une superficie de 1001,25 km2 (environ 100 000 hectares) et comprend 21villages. Sa population totale au dernier recensement était d’un peu plus de 22 000 habitants, mais ce chiffre est appelé à évoluer rapidement. En effet son chef lieu, du fait du goudronnage de la nationale 5 attire des bamakois séduits par son charme et la proximité de la capitale qui est à moins d’une heure de route.
L’émigration (vers la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Lybie et aussi la France et l’Espagne) a tendance à augmenter d’année en année, avec ses drames et ses douleurs. La lourdeur des structures familiales traditionnelles (même si elles sont basées sur les valeurs positives de la solidarité et du partage), est un frein énorme à l’initiative individuelle des jeunes et à l’innovation économique et sociale. Aussi, les plus entreprenants ne voient pas d’autre possibilité que d’aller valoriser ailleurs leurs potentialités bridées ou freinées ici.

La réputation de Siby au Mali est en grande partie due à la mangue. En effet les premières mangues qui apparaissent  sur le marché malien au début février proviennent de Siby et ses environs immédiats, région de primeurs.

La culture, le tourisme et toutes les activités liées à ces 2 secteurs qui n’ont pas encore été suffisamment explorés, offrent des perspectives qui peuvent permettre à la fois de travailler sur place, avec son milieu et sa culture et aussi d’innover, d’inventer un futur.

Le Mandé est traditionnellement une terre de culture, le berceau géographique et/ou mythique de toute la musique dite « mandingue » et de ses instruments : kora, balafon, tambour djembé… Depuis une vingtaine d’années, le rayonnement de ce dernier instrument va très au-delà des frontières de sa terre natale, Mali et Guinée, jusqu’en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Sénégal et désormais dans tous les pays « du nord », auprès de musiciens qui, au travers d’approches diverses et variées, adoptent le djembé et ses danses.

Ce succès international ne doit pourtant pas cacher la réalité locale. Sur ses propres terres, lentement mais surement, cette musique est en train de disparaître. La vie culturelle mandingue est victime de l’exode rural et de la rapidité de la transformation du milieu social : émigration des artistes vers les capitales et/ou vers les pays occidentaux, non transmission des traditions faute d’acteurs culturels traditionnels, absence de reconnaissance officielle, disparition des structures traditionnelles d’apprentissage…

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